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Le Québec et l’islamophobie

La méfiance envers l’islam et les musulmans gagne du terrain au Canada comme ailleurs en Occident. Enquête sur un mouvement en pleine expansion. Premier arrêt : le Québec.

« Temps extrêmes » est le résultat d’une enquête journalistique de Luc Chartrand sur la montée de l’extrême-droite en générale et, plus particulièrement, celui de l’islamophobie au Québec.

Ce jeudi 9 mars 2017 à la chaîne de Ici Radio-Canada à 21 heures.

La fusillade du 29 janvier au Centre culturel islamique de Québec, qui a entraîné la mort de six musulmans, a placé les Québécois face à une réalité souvent sous-estimée : la montée d’un climat islamophobe chez eux.

Même si on ne peut établir de lien direct entre l’attentat et la « critique de l’islam » qui occupe une grande place dans le débat public, les musulmans constituent aujourd’hui une des minorités les plus stigmatisées, que ce soit au Québec ou dans l’ensemble du Canada.

La montée d’un climat islamophobe est une évidence pour le religiologue de l’UQAM Frédéric Castel, expert de la communauté musulmane au Québec.

« Si on me dit que ça n’existe pas, c’est que tu n’es jamais allé sur Internet de ta vie, tu n’as jamais consulté Facebook », explique-t-il, faisant une distinction entre l’islamophobie dure qui comporte des propos haineux et l’islamophobie commune faite de préjugés, et la peur face à une culture qui est méconnue.

Les sentiments de méfiance et d’hostilité envers les musulmans ont été exacerbés depuis le projet de charte des valeurs québécoises mis de l’avant par le gouvernement péquiste de Pauline Marois. Les débats autour de ce projet ont engendré une multiplication des propos ouvertement xénophobes, que ce soit dans les commentaires du public circulant dans les médias ou sur des sites Internet spécialisés dans la « vigilance » face à l’islam.

Qu’est-ce que l’islamophobie?

Selon la définition la plus récente du Petit Robert, l’islamophobie est une « hostilité contre l’islam et les musulmans ». Le Multidictionnaire, lui, définit l’islamophobie comme un « racisme qui se manifeste par une haine, des préjugés et une discrimination délibérés à l’endroit de l’islam, des membres de la communauté musulmane, pratiquants ou non, ou des objets et lieux de culte islamique ».

Un sujet bien présent dans les médias

Dans un registre moins virulent, les thèmes liés à l’islam sont aussi devenus prévalents dans beaucoup de chroniques d’opinion, que ce soit dans les radios parlées particulièrement populaires à Québec ou encore dans certains journaux comme Le Journal de Québec et Le Journal de Montréal.

Le plus prolifique des chroniqueurs du Journal, Richard Martineau, a publié quelque 700 articles en 10 ans traitant directement ou indirectement de l’islam.

En 2007, Richard Martineau estimait que certains musulmans ne devraient pas fréquenter les cabanes à sucre. « Des musulmans orthodoxes qui vont dans une cabane à sucre, c’est comme des militants adéquistes qui se pointent à un congrès de Québec solidaire. Ça n’a aucun sens, ils n’ont rien à faire là. À moins qu’ils cherchent à provoquer… »

M. Martineau n’a pas répondu à nos demandes d’entrevue.

Le sociologue Rachad Antonius, de l’UQAM, a étudié la couverture de l’islam par le Journal de Montréal, tant au niveau du traitement de la nouvelle que des articles d’opinion. Il est convaincu que l’effet cumulatif contribue à créer un climat de méfiance.

« J’ai fait une recherche. […] Sur 49 histoires qui concernaient l’islam, qui concernaient des musulmans, 42 étaient illustrées par des femmes soit en voile, soit en voile intégral. Ce discours finit par dire que les musulmans sont vraiment autre chose, qu’ils sont un danger, qu’ils menacent notre projet collectif. Et surtout, l’effet cumulatif était qu’on pouvait les mépriser », explique Rachad Antonius.

Le rédacteur en chef de Journal de Montréal, Dany Doucet, nous a répondu par courriel. « Les débats d’idées et la liberté d’expression sont le fondement de notre démocratie. […] Par ailleurs, la montée de l’intégrisme religieux a occupé une place importante dans l’actualité internationale depuis 10 ans […] Et que dire de la Commission Bouchard-Taylor et la charte des valeurs. »

Il y a les chroniques du Journal… et les débats qu’elles suscitent. Avant même l’attentat à la mosquée de Sainte-Foy, le maire de Québec se vidait le coeur concernant les commentaires que l’on retrouve au bas de certains articles des médias de Québecor.

« Comment voulez-vous qu’on éduque nos enfants, alors qu’une institution comme Québecor laisse des saloperies sur son site? Moi, ça me dépasse », disait Régis Labeaume, en octobre dernier en marge de la Conférence sur la prévention de la radicalisation des jeunes qui se déroulait à Québec.

Au Journal de Montréal, on nous assure qu’une firme modère les commentaires des lecteurs. On souligne aussi l’importance de la liberté d’expression des lecteurs.

L’attentat de Québec a suscité une réflexion autocritique de l’animateur Sylvain Bouchard, du FM 93, à Québec.

« Ils ne sont pas si nombreux que ça, mais avouez qu’on parle d’eux souvent. On parle de leur foi, on parle de l’islam. On dénonce l’islam radical, mais dans islam radical, il y a le mot islam. Donc, on parle d’eux, mais est-ce qu’on leur parle à eux? Pas assez. »

Le nationalisme identitaire

Le nationalisme québécois a toujours cherché à se marier avec l’air du temps. Dans les années 1930, inspiré par l’historien Lionel Groulx, il flirtait avec l’antisémitisme. Après la Seconde Guerre mondiale, il s’inspirait plutôt du grand mouvement mondial de décolonisation et s’orientait de plus en plus à gauche du spectre politique, épousant les idéaux de la social-démocratie et du syndicalisme.

L’air du temps a changé. Dans le climat d’inquiétude face au danger islamiste – auquel on associe souvent l’immigration musulmane – les mouvements nationalistes, en Europe notamment, se redéfinissent de plus en plus à travers la défense d’une identité occidentale qui cherche à se démarquer face à un islam politique et aussi en réclamant des mesures strictes contre l’immigration. Le nationalisme québécois n’échappe pas complètement à ce courant qualifié d’« identitaire  ».

Mathieu Bock-Côté, par exemple, un intellectuel dont l’influence a grandi ces dernières années, voit dans les niveaux d’immigration élevés et dans la politique canadienne du multiculturalisme des menaces pour la nation québécoise.

« Le Canada finira par nous tuer en nous noyant », écrit-il dans le Journal de Montréal, le 27 octobre 2016. Le multiculturalisme, selon lui, fait la part belle à l’islamisme et à des pratiques qui, tel le port du burkini, sont des « symboles qui témoignent […] certainement d’une difficile intégration à la civilisation occidentale et à la société québécoise. »

Pour Mathieu Bock-Côté, ses écrits – et ceux de ses collègues – ne sont pas problématiques. « Je n’ai pas l’impression que le Journal de Montréal participe à la construction d’une forme de fantasme musulman négatif, imaginaire », se défend-il.

L’identité et la politique

L’enjeu « identitaire » est de fait devenu de plus en plus important au sein des partis nationalistes. Et c’est l’enjeu musulman qui cristallise généralement les positions.

Ainsi, on a vu la Coalition avenir Québec attaquer le Parti libéral du Québec et le Parti québécois en les accusant d’être « en faveur du tchador pour les enseignantes dans nos écoles ».

Le Bloc québécois a produit une publicité dans laquelle une goutte de pétrole renversée d’un baril dessine la silhouette d’une femme en niqab.

La course à la direction du Parti québécois a aussi donné lieu à plusieurs incidents sur le même thème. Le candidat Jean-François Lisée a critiqué son adversaire Alexandre Cloutier pour avoir souhaité une bonne fin de ramadan aux musulmans du Québec, avant de signaler que le que le controversé prédicateur Adil Charkaoui l’appuyait!

Un cadre du Front national, Loup Viallet, ne cachait pas son flirt avec les souverainistes du Québec lorsque nous l’avons rencontré à Paris.

« Peut-être qu’aujourd’hui Jean-François Lisée parle différemment, mais il se trouve que sa base, avec laquelle je suis en contact permanent, nous reconnaît comme des interlocuteurs valables et crédibles », nous a-t-il expliqué.

Parmi ceux qui répondent positivement à ce flirt, on retrouve les membres d’un petit club politique, Horizon Québec Actuel, fondé par des membres du Parti québécois que nous avons croisés lors d’un événement organisé par le Front national, à Paris.

« On est là pour réveiller, brasser un peu le mouvement souverainiste au niveau des idées », nous a expliqué Alexandre Cormier-Denis, un des fondateurs d’Horizon Québec Actuel.

Horizon Québec Actuel, affilié au Front national, diffuse des messages qui en sont directement inspirés, notamment en milieu scolaire au Québec.

Interrogé sur les affinités supposées de certains membres du Parti québécois avec le Front national en France, M. Lisée a tenu à tracer clairement une ligne de démarcation entre son parti et celui de Marine Le Pen.

« Il faut dénoncer des individus qui sont membres du Parti québécois et qui la rencontrent [Marine Le Pen]. Puis, il faut la dénoncer d’autant plus que ce qu’elle propose, par exemple, c’est cette idée de préférence nationale où un citoyen serait privilégié dans le logement ou l’emploi contre un immigrant reçu [légalement]. Et ça, c’est complètement scandaleux. »

« Si vous êtes des partisans de Marine Le Pen, vous n’avez pas votre place au Parti québécois », tranche-t-il.

Alexandre Cormier-Denis semble avoir tiré la même conclusion : il se présente sous une autre bannière, celle du Parti indépendantiste, dans l’élection partielle qui aura lieu dans Gouin, l’ancien fief de Françoise David.

L’historien Gérard Bouchard, coprésident de la commission Bouchard-Taylor, reproche de son côté au gouvernement libéral de Philippe Couillard son inaction, qui, selon lui, a fait pourrir le climat des relations entre les minorités musulmanes et la majorité.

« Ça fait quand même presque 10 ans qu’on a eu la crise des accommodements. Et si on fait la somme des mesures qui ont été prises par le gouvernement pour résoudre les problèmes, on arrive à pas grand-chose. »

Les Québécois, croit-il, devraient s’en « alarmer ».

L’émission Enquête présente un reportage sur ce sujet à 21 h (HE) sur ICI Radio-Canada Télé.

Source: http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/special/2017/03/extreme-droite/quebec-islamophobie-musulmans-mosquee-attentat.html

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L’Europe et la montée de l’extrême-droite

L’Occident est traversé par une peur alimentée par le terrorisme. Une peur qui nourrit la haine raciale et la stigmatisation des musulmans. Enquête sur un mouvement en pleine expansion. Deuxième arrêt : l’Europe.

 

9 novembre 2016. Dans la petite localité française de la Champagne où nous nous trouvons, c’est l’allégresse. Devant une assemblée de partisans, le numéro deux du Front national (FN) annonce l’élection de Donald Trump.

« On s’est réveillés avec une excellente nouvelle, l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis! », lance Florian Philippot, sous un tonnerre d’applaudissements.

Après la victoire du Brexit au Royaume-Uni, quatre mois plus tôt, l’élection du nouveau président des États-Unis a renforcé le sentiment de tous les populistes en Europe : ils ont le vent dans les voiles…

Déjà, la crise des migrants de l’été 2015 avait fait monter la popularité de ces partis qui se veulent un cran d’arrêt à l’immigration musulmane. Pour Marine Le Pen, présidente et candidate à la présidence française du Front national, la crise des migrants est un argument de plus pour amorcer à son tour la sortie de la France de l’Union européenne.

« L’idée qu’il fallait supprimer toutes les frontières intérieures et que l’Union européenne allait protéger les frontières extérieures a démontré clairement que c’était un projet totalement fou, qui permet à un pays, en l’occurrence l’Allemagne, de dire : « Ben, voilà, nous accueillons 1 million de personnes ». Sauf qu’après, ce 1 million de personnes, ils vont s’installer dans n’importe quel pays de l’Union européenne. »

Chaque été, des centaines de milliers de migrants trouvent leur chemin, par terre ou par mer, et pénètrent illégalement sur le territoire européen. Chaque année, des milliers périssent pendant le voyage. Le caractère inédit de l’afflux de 2015, c’est le gonflement spectaculaire de cette marée humaine par les réfugiés de la guerre civile en Syrie.

L’urgence de la crise de cet été 2015 a poussé la chancelière allemande Angela Merkel à ouvrir les portes de son pays avec cette phrase désormais célèbre : « Pour moi, il va de soi que devant une telle mission on se dise : « nous y arriverons » ».

Mais toute l’Europe n’a pas applaudi, loin de là. L’ouverture allemande a créé un appel d’air qui avait sans doute été sous-estimé par Mme Merkel elle-même : un million de migrants sont entrés dans son pays durant la seule année 2015, sur une population de 82 millions d’habitants.

Des migrants syriens tentent de franchir la clôture mise en place entre la Serbie et la Hongrie. Photo : Reuters/Bernadett Szabo

Le président hongrois, Viktor Orban, a été une porte-voix virulent de l’opposition aux migrants. Lui qui avait tenté, sans succès, de freiner le mouvement migratoire par la construction d’une clôture entre son pays et la Serbie, s’est fait le défenseur d’une Europe chrétienne menacée.

« On n’a pas le droit de dire que la migration de masse arrivant d’autres civilisations menace notre mode de vie, notre culture, nos coutumes et nos traditions chrétiennes », a-t-il déclaré.

Même si une grande partie des Allemands ont soutenu l’ouverture – jusqu’à 44 % de ses citoyens ont aidé les migrants que ce soit par des dons, du bénévolat ou autrement -, le pays était déjà lui aussi traversé par un fort courant de rejet de l’immigration musulmane avant même l’afflux de 2015.

Manifestation du groupe PEGIDA à Dresde, en Allemagne, en 2015 Photo : Reuters/Fabrizio Bensch

Le mouvement PEGIDA – Patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident – avait rallié l’année précédente des dizaines de milliers de manifestants dans plusieurs villes du pays, en particulier dans les villes de l’ancienne Allemagne de l’Est comme Dresde ou Leipzig, là où, paradoxalement, on trouve peu d’immigrés.

C’est dans ces mêmes régions de ce pays qu’un nouveau parti anti-immigration, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), est en pleine ascension.

Au cours d’élections régionales, en septembre 2016, l’AfD a terminé deuxième dans deux landers, devançant le CDU de la chancelière Merkel.

Pour sa leader, Frauke Petry, « les principaux courants de l’islam ne sont pas compatibles avec la culture allemande ». Elle a semé l’émoi pendant la crise des migrants en suggérant que les gardes-frontières puissent faire usage de leurs armes.

La crainte du remplacement de la population européenne par une population un jour à majorité musulmane est bien présente dans les esprits. « Regardez les jeunes en Allemagne aujourd’hui. Combien d’entre eux sont issus de l’immigration? On parle peut-être aujourd’hui de minorités. Mais est-ce que ce sera encore le cas dans 20 ou 30 ans? », se demande Mme Petry lors d’une entrevue avec notre équipe à Dresde, en Allemagne.

Le soir de l’attentat du Marché de Noël de Berlin, le 19 décembre dernier, le mari de Frauke Petry et député européen de l’AfD, Marcus Pretzell, a écrit sur Twitter que les victimes étaient « les morts de Merkel ».

À n’en pas douter, cet attentat, perpétré par un migrant illégal tunisien sous le coup d’un ordre d’expulsion, est un coup dur pour la politique de Merkel qui, avant même cet événement, avait perdu beaucoup d’appuis au fil des mois. L’Allemagne sera en période d’élections générales en septembre prochain. Angela Merkel briguera alors un quatrième mandat et le verdict des Allemands sera forcément un verdict sur sa politique migratoire.

Le test français

D’ici là, la mesure du ressentiment européen face à l’immigration sera prise en mai 2017 lors de la présidentielle française. La plupart des observateurs croient aux chances de Marine Le Pen de passer au second tour de l’élection.

Depuis quelques années, son parti, le Front national, va de succès en succès lors des élections régionales et municipales. Un exemple de la montée de cette force politique identitaire est celle de l’élection de Robert Ménard à la mairie de Béziers, une ville du Languedoc.

Celui-ci, qui n’est pas formellement membre du Front national, a été élu sous sa bannière en 2014. Il y mène depuis une politique qu’il qualifie lui-même, non sans fierté, de « populiste » et veut revigorer le caractère chrétien de cette ville qui compte environ 10 % de musulmans.

Lors de l’ouverture de la féria de Béziers, il fait dire la grand-messe en plein air, devant des milliers de personnes. Il s’oppose aussi à l’érection de minarets dans le but, dit-il, de préserver le paysage français construit autour des clochers d’églises.

Nous le rencontrons au marché des Halles, qu’il a récemment fait rénover. Vérification faite, on ne trouve pas de viande halal ici et il veillera à ce qu’on n’en trouve pas par la suite.

« Ça suffit le halal! Ici, ça n’a pas sa place. Je n’ai pas envie de femmes voilées dans les halles. Je n’ai pas envie de cuisine halal. J’ai envie de redire qu’on est ici chez nous. »

Robert Ménard, qui a été journaliste et fondateur de Reporters sans frontières, a transformé le magazine officiel de sa municipalité en pamphlet-choc sur les questions liées à l’immigration avec des articles aux titres aussi évocateurs que « À Béziers, on ne sert pas la soupe aux islamistes! ».

On y retrouve aussi l’écho de sa campagne publicitaire placardée dans toute la ville sous les thème « Ils arrivent! » Cette campagne visait à s’opposer à l’implantation par l’État français dans Béziers d’un centre d’hébergement pour migrants, devant accueillir 40 d’entre eux.

Magazine officiel de Béziers Photo : Pascal Guyot/AFP/Getty Images

« Parce que c’est 40 migrants de plus. C’est 40 migrants de trop. Pardon, mais dans une ville où y a une telle population d’origine immigrée, où y a déjà deux centres d’accueil pour les demandeurs d’asile. Oui, il y a trop d’immigration dans les villes, il y a des seuils de tolérance », nous explique Robert Ménard, maire de cette ville de 75 000 habitants.

Population musulmane

  • France : 7,5 %
  • Allemagne : 5,5 %
  • Canada : 3,7 %
  • Québec : 3,5 %
  • États-Unis : 1 %

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Le parti de Marine Le Pen appuie aussi, au niveau national, une campagne pour soutenir les villes qui refusent l’établissement de centres de migrants sur leur territoire.

On s’interroge parfois en France pour savoir jusqu’à quel point le Front national a changé depuis qu’il était dirigé par le père de Marine Le Pen, Jean-Marie, dont les propos controversés, aussi bien envers les juifs que les Arabes, ont souvent horrifié l’opinion. Il y a deux ans, lorsqu’il a réitéré ses propos voulant que les chambres à gaz nazies n’aient été qu’un « détail de l’histoire », sa fille l’a banni du parti qu’il avait fondé.

Avec elle, c’est clair, un membre du FN qui tiendrait des propos antisémites « serait exclu du Front national. De la manière la plus claire qui soit. »

Questionnée par Enquête à savoir si elle appliquait la même rigueur contre des propos islamophobes, elle répond : « Je ne sais pas ce que c’est, l’islamophobie. Je note que cette islamophobie est un concept qui a été utilisé pour empêcher les gens comme moi de lutter contre le fondamentalisme islamiste. »

À n’en pas douter, la négation de l’islamophobie est un thème que l’on n’a pas fini de débattre, en France comme au Québec…

Qu’est-ce que l’islamophobie?

Selon la définition la plus récente du Petit Robert, l’islamophobie est une « hostilité contre l’islam et les musulmans ». Le Multidictionnaire, lui, définit l’islamophobie comme un « racisme qui se manifeste par une haine, des préjugés et une discrimination délibérés à l’endroit de l’islam, des membres de la communauté musulmane, pratiquants ou non, ou des objets et lieux de culte islamique ».

Source: http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/special/2017/03/extreme-droite/europe-islamophobie-musulmans-migrants.html

Les sanctions d’Obama contre Moscou «visent à mettre en boîte Donald Trump». Les accusations de piratage du DNC sont mensongères.

Le président Obama passe ses dernières semaines à la Maison‑Blanche à ordonner plusieurs mesures de représailles contre la Russie, en faisant valoir que Moscou était impliqué dans le piratage du Comité national démocrate (DNC), dans le but d’influencer les résultats des élections présidentielles américaines en faveur de Donald Trump.    

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Les mesures radicales prises par Obama le 29 décembre consistent à imposer des sanctions aux services de renseignement de la Russie, à exiger le départ de 35 diplomates russes « soupçonnés d’être des espions » du territoire américain et à fermer deux propriétés russes dans le Maryland et à New York.

Selon NBC, les sanctions du 29 décembre contre la Russie constituent « un acte décisif de la part du président Obama pour punir la Russie avant de quitter son poste ».

La vérité cachée, c’est que c’est Trump qu’il cherche à punir.

Les sanctions sont dirigées contre la Russie, mais l’objectif ultime est de miner la légitimité du président élu Donald Trump et sa politique étrangère à l’égard de Moscou. Selon le New York Times :

(…) Les sanctions visent aussi à mettre en boîte le président élu Donald J. Trump. M. Trump a constamment mis en doute le fait que le gouvernement russe ait quoi que ce soit à voir avec le piratage du DNC ou d’autres institutions politiques, en affirmant qu’on ne peut faire confiance aux services de renseignement américains et en laissant entendre que le responsable du piratage pourrait aussi bien être « un mec de 180 kg » affalé sur son lit.

M. Trump devra maintenant décider s’il lèvera les sanctions contre les services de renseignement russes quand il entrera en fonction le mois prochain. Des membres du parti républicain au Congrès comptent parmi ceux qui exigent une enquête publique sur les activités de la Russie. Si M. Trump va de l’avant, il devra rejeter les conclusions de ses services de renseignement. (NYT, 29 décembre 2016)

En plus de mettre en danger les relations diplomatiques existantes entre Washington et Moscou, qui n’ont jamais été aussi mauvaises, la décision d’Obama contribue à salir le président élu et nuit délibérément au processus de transition menant à l’accession de Donald Trump à la Maison-Blanche.

C’est complètement fou. En définitive, le but de cette décision peu reluisante du président sortant, c’est d’empêcher le président élu Donald Trump d’amorcer un virage dans la politique étrangère des USA, dans le but de « normaliser » ses relations avec la Russie.

Dans la foulée des déclarations d’Obama, les médias institutionnels, à quelques exceptions près, s’en sont donné à cœur joie en décriant de nouveau l’incompétence alléguée de Donald Trump. Plus tôt, soit 15 décembre, le NYT a décrit Trump comme un « idiot utile (…), un président américain qui ne se rend pas compte qu’il est berné par une puissance étrangère rusée ».

Les accusations de piratage d’Obama provenant prétendument de sources au sein des services de renseignement des USA sont mensongères.

En ce qui concerne le piratage du Comité national démocrate (DNC), supposément ordonné par le président Poutine, n’oublions pas que les fuites de courriels ont révélé que le DNC s’était employé à saper la candidature de Bernie Sanders lors des primaires en recourant à des pratiques frauduleuses et déloyales telles que les campagnes de diffamation contre Bernie.

La Russie n’avait rien à voir avec cela. La fuite provenait DE L’INTÉRIEUR du parti démocrate. L’acteur principal, ce n’était pas Moscou, mais bien le DNC (y compris l’ingérence d’Hillary Clinton et de Debbie Wasserman Schultz, la présidente du DNC).

L’objectif sous-jacent était de dénigrer Sanders dans le but de favoriser Clinton (qui a un dossier criminel au FBI).

Les courriels ont dévoilé certaines activités douteuses et frauduleuses du DNC pour favoriser la candidature d’Hillary Clinton [HRC]. Si ces tricheries du DNC en faveur d’Hillary n’avaient pas été commises, Bernie Sanders aurait probablement gagné la course à la direction du parti démocrate et (peut-être aussi) la campagne présidentielle contre Donald Trump.

Le DNC est responsable de ses propres échecs. Les fuites de courriels n’étaient pas dues à un piratage ordonné par le président Poutine, bien au contraire.

Recours collectif contre le DNC

Il y a cependant une autre dimension fort importante à propos du scandale des courriels du DNC, que les médias institutionnels n’ont jamais daigné rapporter. Des partisans de Bernie Sanders ont intenté un recours collectif auprès d’un tribunal fédéral de district en Floride contre le DNC et Debbie Wasserman Schultz, son ancienne présidente, pour « fraude, déclaration inexacte par négligence, comportement trompeur, enrichissement illégitime, manquement à une obligation fiduciaire et négligence ». (Debbie Wasserman Schultz a été obligée de démissionner à la suite de la publication des courriels.)

Ce recours collectif intitulé Wilding et al v DNC Services Corporation and Deborah ‘Debbie’ a été déposé auprès du tribunal fédéral du district du sud de la Floride.

 

 

Captures d’écran ci-dessus : (numéro de dossier 16-cv-61511-WJZ).


Cliquez ici pour obtenir l’intégralité du texte du recours collectif intitulé  Wilding et al v DNC Services Corporation and Deborah ‘Debbie’ Wasserman Schultz.

Cliquez ici pour obtenir la page Facebook du recours collectif.

Le recours collectif contre le Comité national démocrate et Debbie Wasserman Schultz a été déposé par Shawn Lucas, au nom des plaignants le 1er juillet 2016.

(voir la vidéo ci-dessous)

Un mois plus tard, Shawn Lucas a été retrouvé mort à son domicile.

Les accusations des plaignants dans ce recours collectif ont une grande portée.

Mais les journalistes des médias institutionnels ont préféré garder leurs yeux rivés sur le soi-disant piratage de Vladimir Poutine. Ni la mort de Shawn Lucas, pas plus que la conduite « délibérée, injustifiée, malicieuse, téméraire (…) » du DNC n’ont fait l’objet de reportages dans les médias institutionnels.

Qu’est-il arrivé au recours collectif intenté contre le DNC? Il a été rejeté sans aucune considération. 

 

Ce recours collectif qui a fait ressortir la corruption et la fraude au sein du DNC n’a jamais été rapporté (ni mentionné) dans les médias institutionnels.

La mort de Shawn Lucas n’a fait l’objet d’aucune enquête.

La mort de Lucas n’a été rapportée dans aucun média, à l’exception du London’s Daily Mail, dans un article portant sur plusieurs morts mystérieuses parmi les militants et les organisateurs de campagne du parti démocrate, dont celle de Shawn Lucas :

Le « décompte des morts de Clinton » est une longue liste de personnes liées aux Clinton qui sont morts dans des circonstances douteuses depuis le début des années 1990. Le nombre de victimes prétendues est contesté, certains affirmant que plus de 50 personnes liées à l’ancien président et à sa première dame ont perdu la vie dans des circonstances mystérieuses :

Shawn Lucas, 38 ans, un avocat qui soutenait la candidature de Bernie Sanders, a été retrouvé mort le 2 août dans la salle de bain de son appartement à Washington, DC. À peine un mois plus tôt, il avait tenté de signifier des documents concernant Wasserman-Schultz dans une affaire de fraude, qui prétendaient que le parti avait favorisé injustement Hillary Clinton contre Sanders lors des primaires.

Joe Montano, un ex-président du DNC qui avait une connaissance approfondie de la campagne d’Hillary Clinton, s’est retrouvé aussi sur cette liste non officielle après qu’il eut succombé à ce que les autorités ont déclaré être une crise cardiaque le 25 juillet, soit le jour même du lancement de la convention démocrate.

Seth Conrad Rich, qui était directeur des opérations de l’expansion de l’électorat au DNC, a été assassiné le 10 juillet. On disait au départ qu’il avait été victime d’un cambriolage qui a mal tourné, mais sa mère, Mary Rich, affirme que rien n’a été pris sur son fils, qui a été retrouvé mort avec deux balles dans le dos. (Daily Mail, 23 août 2016)

Michel Chossudovsky

Note de l’auteur : la dernière partie de cet article sur le DNC a été partiellement publiée dans un article paru précédemment.

 

Article original en anglais :

Trump and Putin

Obama’s Sanctions against Moscow “Intended to Box In Donald Trump”. Evidence that Hacking of DNC Accusations are Fake

Traduit par Daniel pour Mondialisation.ca

 

Source: http://www.mondialisation.ca/les-sanctions-dobama-contre-moscou-visent-a-mettre-en-boite-donald-trump-les-accusations-de-piratage-du-dnc-sont-mensongeres/5565683?ct=t(Infolettre_du_27_au_30_d_cembre_201612_30_2016)&mc_cid=b805caf9d4&mc_eid=a9de010ae3

Le jeune Marx bientôt sur les écrans

Nouveau film de Raoul Peck

The Young Karl Marx

Ces derniers jours, les images de la bande-annonce du nouveau film de Raoul Peck ont commencé à circuler sur le web. Le personnage principal du film est… Karl Marx.

Maximiliano Olivera

Der jungen Marx [« Le jeune Marx »] aura pour toile de fond les années 1844-1848, la période de formation du jeune philosophe. Le film se focalisera sur les premiers pas de Marx dans le monde du journalisme militant et de l’action politique. La bande-annonce commence par quelques images sur le « vol de bois », thématique autour de laquelle il écrira dans la Gazette Rhénane, alors qu’une voix-off reprend les premières lignes du Manifeste Communiste sur la lutte des classes.

Le jeune Marx, joué par l’acteur allemand Auguste Diehl (Inglorious Basterds), perd son travail au sein de la rédaction de la Gazette Rhénane à la suite de la fermeture du journal par le gouvernement prussien. Avant son exil parisien, il se marie avec Jenny Von Westphalen, interprétée par l’actrice luxembourgeoise Vicky Krieps.

On (re)découvre, dans le film, le rapprochement entre Marx et Friedrich Engels, avec qui la collaboration et l’amitié dureront jusqu’à la fin de la vie du premier. Joué par l’acteur Stefan Konarske, Engels est cet homme qui dit connaître les plus pauvres comme les plus riches, les deux extrêmes de la société. Fils d’un industriel important, il est envoyé à Manchester où il étudiera avec précision la « situation de la classe ouvrière en Angleterre ».

Mis en scène par le réalisateur haïtien Raoul Peck, auteur, déjà, de Lumumba et de I am not your negro, à partir du texte de James Baldwin, le film résonne, à sa façon, avec les origines et les racines de la crise dans laquelle nous nous trouvons.

 

WikiLeaks : Comment les USA ont agressivement appuyé un « regime change » en Syrie depuis 15 ans

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Passionnant câble de la Diplomatie américaine de 2006 sur ses actions visant à appuyer un régime change en Syrie… (Câble révélé par Wikileaks en 2015)

Il montre ce qu’est la diplomatie de l’ombre…

Lire un intéressant commentaire en anglais ici

Cable du 13/12/2006

(SARG = Syrian Government)

Influence sur le Gouvernement syrien en 2006

1. (S) Résumé. Par rapport à 2005, le gouvernement syrien termine l’année 2006 renforcé, tant en interne qu’à l’international. Des pressions supplémentaires et plurilatérales pourraient avoir un impact sur la Syrie, mais le régime s’appuie sur une petite clique qui est immunisée contre ces pressions. Néanmoins, l’assurance croissante de Bachar el-Assad – et sa dépendance vis à vis de cette petite clique – pourrait lui faire commettre des erreurs et faire des choix politiques irraisonnés en répondant aux défis sous l’emprise de l’émotion. Cela pourrait nous fournir de nouvelles occasions. Voire ses réactions à la limite de la déraison face à la perspective d’un procès Hariri ou face à la publicité faite à Khaddam et au Front de Salut National. De plus, on connait l’intérêt que Bachar porte à son image et à sa réception dans le monde. Cela pourrait altérer ses décisions. Nous pensons que le point faible de Bachar est sa façon de réagir aux problèmes qui surgissent, fussent-ils supposés ou réels. Par exemple, le conflit entre les avancées (modestes) des réformes économiques et la corruption endémique, la question kurde et la menace que représente pour le régime la présence croissante d’extrémistes islamistes en transit. Ce câble résume notre évaluation de ces points faibles et propose des mesures de type actions, déclarations ou signaux que pourraient prendre le gouvernement américain afin de favoriser l’émergence de telles occasions. Ces propositions devront être concrétisées et transformées en actes. Nous devons être prêts à agir rapidement afin de saisir de telles occasions. Beaucoup de nos suggestions mettent en avant l’usage de la diplomatie publique et de moyens indirects pour envoyer des messages qui influencent le premier cercle. Fin du résumé.

2. (S) Alors que l’année 2006 se termine, Bachar semble plus fort qu’il ne l’était il y a deux ans. L’économie du pays est stable (au moins sur le court terme), l’opposition intérieure au régime est faible, intimidée même et, du point de vue de Damas, les problèmes dans la région semblent aller dans une direction favorable à la Syrie. Néanmoins, quelques points faibles anciens et quelques problèmes émergents peuvent fournir l’occasion d’augmenter la pression sur Bachar et son premier cercle. La prise de décision dans ce régime se limite à Bachar et à son premier cercle dont les choix tactiques sont souvent mal pensés et parfois guidés par l’émotion à l’instar du discours de Bachar, le 15 août, qui fut la risée du monde entier. Certaines de ces faiblesses, comme les vues quasi délirantes de ce régime concernant le Liban, peuvent être exploitées pour faire pression sur le régime. Les actions qui déséquilibrent Bachar et qui accroissent son insécurité sont dans notre intérêt parce que son inexpérience et la très petite dimension de son cercle de décideurs le rendent susceptible de maladresses diplomatiques qui peuvent l’affaiblir dans son pays et dans la région. Bien qu’il soit difficile d’estimer les conséquences de ses erreurs et que les bénéfices puissent en être variables, si nous sommes prêts à profiter rapidement des situations qui peuvent se présenter, nous pourrions influencer le point névralgique du régime : Bachar et son premier cercle.

sarg

3. (S) Nous résumons ci-après les faiblesses potentielles et les moyens possibles de les exploiter :

– Faiblesse :

– L’ENQUÊTE HARIRI ET LA COUR DE JUSTICE : l’enquête Hariri – et la perspective d’une cour de justice libanaise – a entrainé une réaction violente du gouvernement syrien, principalement à cause de l’embarras causé par l’enquête. Rationnellement, le régime devrait penser qu’il peut traiter n’importe quelle demande de comparution d’officiels syriens en refusant de livrer quelque suspect que ce soit, ou, dans des cas extrêmes, en provoquant des “suicides “. Mais il semble que la mise en cause de la dignité et de la réputation internationale de la Syrie est pour Bachar le vrai problème. Le sentiment farouchement entretenu que la Syrie devrait continuer à exercer un rôle dominant au Liban intervient dans cette susceptibilité. Nous devrions essayer d’exploiter cette extrême sensibilité, sans attendre la formation de la cour de justice.

– Action possible :

– PUBLICITÉ : mettre publiquement en évidence les conséquences de l’enquête en cours à la manière de Mehlis angoisse personnellement Bachar et peut le pousser à des actes irrationnels. Le régime redoute profondément la surveillance internationale qu’une cour de justice – ou des accusations de Brammertz même contre des personnalités de second plan – déclencherait. Les accusations de Mehlis en octobre 2005 ont causé des tensions extrêmes au sein du premier cercle qui entoure Bachar. Bien que la famille se soit ressoudée, ces cassures pourraient bien se trouver juste au-dessous de la surface.

– Faiblesse :

– L’ALLIANCE AVEC TÉHÉRAN : Bachar avance prudemment dans ses relations grandissantes avec l’Iran. Il recherche une assistance nécessaire sans s’aliéner totalement les voisins arabes sunnites modérés de la Syrie en passant pour un soutien des Perses et des fondamentalistes chiites. On peut voir la décision de Bachar de ne pas assister au sommet Talabani/Ahmadinejad à Téhéran, après le voyage du ministre des Affaires étrangères Moallem en Irak, comme une manifestation de la sensibilité de Bachar à la vision arabe sur son alliance avec l’Iran.

– Action possible :

– JOUER SUR LES CRAINTES SUNNITES DE L’INFLUENCE IRANIENNE : En Syrie, on redoute l’activisme iranien tant au niveau du prosélytisme chiite qu’au niveau de la conversion des sunnites, surtout des pauvres. Quoique souvent exagérées, ces craintes reflètent l’agacement et l’attention accrues d’une partie de la communauté sunnite en Syrie face à l’expansion de l’influence iranienne dans leur pays à travers des activités qui vont de la construction de mosquées aux affaires. Les missions locales égyptienne et saoudienne ici (tout comme les chefs religieux sunnites syriens en vue), prêtent une attention croissante à cette question et nous devrions coordonner plus étroitement avec leurs gouvernements les moyens de mieux rendre public ce problème et de concentrer l’attention régionale sur lui.

– Faiblesse :

– LE PREMIER CERCLE : En définitive, le régime est dominé par la famille Assad et, à un degré moindre, par la belle-famille de Bachar el-Assad, les Makhloufs. Beaucoup de membres de la famille les trouvent de plus en plus corrompus. La famille et les parasites autour, aussi bien que la secte Alaouite plus généralement, ne sont pas protégés contre les querelles et les conspirations anti-régime. Ce fut évident l’année dernière quand des proches de certains piliers du régime (incluant les Makhloufs) nous ont approchés pour évoquer les options de l’après-Bachar. La corruption est un grand diviseur et le premier cercle de Bachar est soumis aux querelles et aux disputes habituelles liées aux trafics et à la corruption. Par exemple, Maher Assad est connu pour être particulièrement corrompu et incorrigible. Il n’affiche aucun scrupule dans ses querelles avec des membres de la famille ou avec d’autres. La communauté alaouite redoute aussi terriblement de possibles représailles si un jour la majorité sunnite reprend le pouvoir.

– Action possible :

– NOUVELLES DENONCIATIONS : Les sanctions ciblées contre des membres du gouvernement et leurs proches sont généralement bien accueillies par la majorité des composantes de la société syrienne. Mais la procédure de ces dénonciations doit exploiter les déchirures et affaiblir le premier cercle plutôt que de rapprocher ses membres. La dénonciation de Chaoukat l’a personnellement très irrité et a suscité un très vif débat ici dans le monde des affaires. Alors que les réactions publiques à la corruption ont tendance à être étouffées, les rappels continus de la corruption au sein du premier cercle ont une certaine résonance. Nous devrions chercher des moyens de rappeler au public nos précédentes dénonciations.

– Faiblesse :

– LE FACTEUR KHADDAM : Khaddam sait où le régime cache ses squelettes, ce qui provoque une énorme irritation chez Bachar, largement disproportionnée par rapport au soutien dont bénéficie Khaddam en Syrie. Bachar el-Assad, et son régime en général, suivent chaque information impliquant Khaddam avec un intérêt émotionnel énorme. Le régime réagit avec une colère funeste quand d’autres pays arabes accueillent Khaddam ou lui permettent de faire une déclaration publique dans leurs médias.

– Action possible :

– Nous devrions continuer à encourager les Saoudiens et d’autres de permettre à Khaddam d’avoir accès à leurs médias, en lui fournissant un moyen de révéler les turpitudes du gouvernement syrien. Nous devrions prévoir une réaction exagérée du régime qui renforcera son isolement et lui aliénera ses voisins arabes.

– Faiblesse :

– LES DIVISIONS AU SEIN DES SERVICES DE SÉCURITÉ ET MILITAIRES : Bachar se protège constamment des actions de ceux qui ont des relations au sein de l’armée et des services de sécurité. Il est aussi inquiet de la loyauté que des officiers supérieurs (ou d’anciens officiers supérieurs) ressentent envers d’anciens éléments du régime mécontents comme Rifaat Assad et Khaddam. Le premier cercle se préoccupe continuellement de savoir qui obtient quelle part de la corruption. Les gestes de Bachar pour réduire le cercle de ceux qui touchent les plus grosses part de butin ont donné plus de place aux bénéficiaires qui ont des liens avec les services de sécurité.

– Action possible :

– ENCOURAGER LES RUMEURS ET LES SIGNES DE COMPLOT EXTERNE : Le régime est extrêmement sensible aux rumeurs de complot et à l’agitation dans les services de sécurité et dans l’armée. Des alliés régionaux comme l’Égypte et l’Arabie Saoudite devraient être encouragés à rencontrer des personnalités comme Khaddam et Rifaat Assad comme un moyen d’envoyer de tels signaux, avec, par la suite, des fuites orchestrées émanant de ces réunions. Ceci touche de nouveau à la paranoïa interne de ce régime et augmente la possibilité d’une réaction exagérée funeste.

– Faiblesse :

– RECRÉER DES FORCES OPPOSÉES AUX ÉLITES BAASSISTES ET AUTRES ÉLITES CORROMPUES : Bachar continue à mettre en œuvre un courant stable d’initiatives en matière de réformes économiques et il est tout a fait possible qu’il croie que cette question est de son devoir pour la Syrie. Bien que limités et inefficaces, ces étapes ont incité en retour des expatriés syriens a investir et a créé au moins l’illusion d’une ouverture croissante. En trouvant des façons de mettre en question publiquement les efforts en matière de réformes de Bachar, – en indiquant, par exemple, l’utilisation de réformes pour déguiser le copinage – il est possible d’embarrasser Bachar et de réduire ses efforts pour étayer sa légitimité. Révéler la corruption de la famille d’Assad ou de son cercle de proches aurait un effet semblable.

– Action possible :

– METTRE L’ACCENT SUR L ‘INCAPACITÉ A RÉFORMER : l’Accentuation des échecs de réforme, particulièrement dans la période préparatoire aux élections présidentielles 2007, est un mouvement que Bashar trouverait fortement embarrassant et de délégitimisation. Comparer les efforts de réforme syriens limités avec ceux du reste du Moyen-Orient embarrasserait et irriterait Bachar.

– Faiblesse :

– L’ÉCONOMIE : Perpétuellement sous-performante, l’économie syrienne crée des emplois pour moins de 50% des diplômés de l’université du pays. Le pétrole représente 70% des d’exportations et 30% des revenus gouvernementaux, mais la production est dans une phase de baisse régulière. La Syrie sera probablement un importateur net de pétrole d’ici 2010. Peu d’experts croient que le SARG soit capable de gérer avec succès les problèmes économiques à venir.

– DÉCOURAGER LES FDI, PARTICULIÈREMENT DES ETATS DU GOLFE : La Syrie a profité d’une hausse considérable de l’investissement direct étranger (FDI) durant les deux dernières années, qui semble s’accélérer. Les plus importants de ces nouveaux investissements sont dans aucun doute faits par les États du Golfe.

– Faiblesse :

– LES KURDES : Les groupes de la société civile et l’opposition politique les plus organisés et les plus audacieux sont parmi la minorité ethnique kurde, concentrée dans le nord-est de la Syrie, et aussi en communautés à Damas et Alep. Ce groupe a été enclin à protester violemment dans sa zone ethnique quand d’autres n’oseraient pas. Il y a peu de menaces qui préoccupent autant Bachar que l’agitation des Kurdes. En une rare occasion, les services secrets militaires syriens ont convoqué notre Attaché Militaire d’Ambassade en mai 2006 pour protester contre ce que les Syriens ont pensé être des efforts américains pour fournir une formation militaire et de l’équipement aux Kurdes en Syrie.

– Action possible :

– METTRE EN ÉVIDENCE LES PLAINTES KURDES : l’Accentuation des plaintes kurdes dans des déclarations publiques, y compris la divulgation de violations des droits de l’homme, renforcera les préoccupations du régime vis à vis de la population kurde. Concentrez-vous sur les conditions économiques difficiles dans des zones kurdes et le refus du SARG de longue date d’offrir la citoyenneté à environ 200 000 Kurdes apatrides. Cette question devrait être traitée avec précaution parce que donner trop d’importance au problème kurde en Syrie pourrait porter atteinte à nos efforts d’unir les forces de l’opposition, étant donné que la société syrienne (majoritairement arabe) est très opposée aux objectifs des Kurdes.

– Faiblesse :

Des éléments extrémistes utilisent de plus en plus la Syrie comme une base, tandis que le SARG a fait quelques actions contre des groupes affichant des liens avec Al-Qaïda. Avec le meurtre du leader d’Al-Qaïda à la frontière avec le Liban début décembre et les attaques terroristes en augmentation à l’intérieur de la Syrie, culminant le 12 septembre par l’attaque contre l’ambassade des EU, la politique du SARG de soutien des terroristes en Irak et ailleurs peut être vue comme un retour de boomerang.

– Actions possibles :

Rendre publique la présence de transit (ou lié à l’étranger) de groupes extrémistes en Syrie, non limité à la mention du Hamas et du PIJ [Mouvement du Jihad en Palestine, NdT]. Rendre publics les efforts syriens contre des groupes extrémistes d’une manière qui suggère sa faiblesse, des signes d’instabilité et des retours de flammes non contrôlés. L’argument du SARG (d’habitude utilisé après des attaques terroristes en Syrie) qu’il est aussi une victime du terrorisme devrait être utilisé contre lui pour donner une plus grande importance à l’augmentation des signes d’instabilité en Syrie.

4. (S) CONCLUSION : Cette analyse ne prend pas en compte les Islamistes syriens anti-régime parce qu’il est difficile d’obtenir une image précise de la menace que de tels groupes posent en Syrie. Ils sont certainement une menace à long terme. Tandis qu’il expose les fragilités auxquelles la Syrie fait face à cause de son alliance avec l’Iran, il ne détaille pas entièrement ce sujet. Le résultat final est que Bachar entre dans la nouvelle année dans une position plus forte qu’il n’a eue depuis plusieurs années, mais ces forces portent aussi en elles – ou masquent parfois – des fragilités. Si nous sommes prêts à les aider, elles nous offriront des occasions de perturber sa prise de décision, le garderont dans une situation instable et lui feront payer cher ses erreurs.

 

Source: http://www.mondialisation.ca/wikileaks-comment-les-usa-ont-agressivement-appuye-un-regime-change-en-syrie-depuis-15-ans/5565223?ct=t(Infolettre_du_27_au_30_d_cembre_201612_30_2016)&mc_cid=b805caf9d4&mc_eid=a9de010ae3

Fidel Vive! / Fidel Lives!

Le leader de la révolution cubaine meurt à 90 ans.

Vive Fidel!
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Adoption du projet de loi 70: « Un jour sombre pour la dignité des personnes assistées sociales » – Françoise David

Je pense que si le gouvernement, en général, et la classe d’affaires, en particulier, souhaitaient vraiment que les sans-emplois et/ou chômeurs-euses retournent sur le « marché du travail » et se trouvent du travail, il faudrait commencer par avoir du « travail » à offrir. Or, ce n’est pas dans l’état général de l’économie actuelle avec touTEs ses chômeurs-euses que la classe laborieuse pourra se trouver de l’emploi. Non, je pense au contraire qu’il est capital pour les « donneurs d’ouvrage » de pouvoir compter sur une « armée industrielle de réserve » de manière à mettre de la pression sur ceux et celles qui détiennent un emploi pour que ces travailleurs-euses en viennent à accepter n’importe quelle condition de travail pour conserver leur emploi en échange d’un maigre salaire pour satisfaire les besoins de bases de n’importe quel citoyen-enne dans la société.

alcovesergioderosemont

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Adoption du projet de loi 70: « Un jour sombre pour la dignité des personnes assistées sociales » – Françoise David

10 novembre 2016

La députation de Québec solidaire a réaffirmé sa profonde opposition au projet de loi 70 en tournant le dos au gouvernement lors du vote sur l’adoption finale.  La députée de Gouin, Françoise David, a expliqué que ce geste symbolique visait à exprimer la honte ressentie d’être gouverné par un parti qui coupe la prestation de base des plus démunis alors même qu’il refuse d’aller rechercher l’argent versé par des manigances aux amis libéraux.
«  Ce gouvernement ne trouve rien de mieux que de s’en prendre aux plus pauvres de la société alors qu’il n’hésite pas un instant à laisser les amis du régime s’en mettre plein les poches et s’en sortir sans conséquence comme on l’a vu avec la Société immobilière du…

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