Archive pour mars 2017

Le Québec et l’islamophobie

La méfiance envers l’islam et les musulmans gagne du terrain au Canada comme ailleurs en Occident. Enquête sur un mouvement en pleine expansion. Premier arrêt : le Québec.

« Temps extrêmes » est le résultat d’une enquête journalistique de Luc Chartrand sur la montée de l’extrême-droite en générale et, plus particulièrement, celui de l’islamophobie au Québec.

Ce jeudi 9 mars 2017 à la chaîne de Ici Radio-Canada à 21 heures.

La fusillade du 29 janvier au Centre culturel islamique de Québec, qui a entraîné la mort de six musulmans, a placé les Québécois face à une réalité souvent sous-estimée : la montée d’un climat islamophobe chez eux.

Même si on ne peut établir de lien direct entre l’attentat et la « critique de l’islam » qui occupe une grande place dans le débat public, les musulmans constituent aujourd’hui une des minorités les plus stigmatisées, que ce soit au Québec ou dans l’ensemble du Canada.

La montée d’un climat islamophobe est une évidence pour le religiologue de l’UQAM Frédéric Castel, expert de la communauté musulmane au Québec.

« Si on me dit que ça n’existe pas, c’est que tu n’es jamais allé sur Internet de ta vie, tu n’as jamais consulté Facebook », explique-t-il, faisant une distinction entre l’islamophobie dure qui comporte des propos haineux et l’islamophobie commune faite de préjugés, et la peur face à une culture qui est méconnue.

Les sentiments de méfiance et d’hostilité envers les musulmans ont été exacerbés depuis le projet de charte des valeurs québécoises mis de l’avant par le gouvernement péquiste de Pauline Marois. Les débats autour de ce projet ont engendré une multiplication des propos ouvertement xénophobes, que ce soit dans les commentaires du public circulant dans les médias ou sur des sites Internet spécialisés dans la « vigilance » face à l’islam.

Qu’est-ce que l’islamophobie?

Selon la définition la plus récente du Petit Robert, l’islamophobie est une « hostilité contre l’islam et les musulmans ». Le Multidictionnaire, lui, définit l’islamophobie comme un « racisme qui se manifeste par une haine, des préjugés et une discrimination délibérés à l’endroit de l’islam, des membres de la communauté musulmane, pratiquants ou non, ou des objets et lieux de culte islamique ».

Un sujet bien présent dans les médias

Dans un registre moins virulent, les thèmes liés à l’islam sont aussi devenus prévalents dans beaucoup de chroniques d’opinion, que ce soit dans les radios parlées particulièrement populaires à Québec ou encore dans certains journaux comme Le Journal de Québec et Le Journal de Montréal.

Le plus prolifique des chroniqueurs du Journal, Richard Martineau, a publié quelque 700 articles en 10 ans traitant directement ou indirectement de l’islam.

En 2007, Richard Martineau estimait que certains musulmans ne devraient pas fréquenter les cabanes à sucre. « Des musulmans orthodoxes qui vont dans une cabane à sucre, c’est comme des militants adéquistes qui se pointent à un congrès de Québec solidaire. Ça n’a aucun sens, ils n’ont rien à faire là. À moins qu’ils cherchent à provoquer… »

M. Martineau n’a pas répondu à nos demandes d’entrevue.

Le sociologue Rachad Antonius, de l’UQAM, a étudié la couverture de l’islam par le Journal de Montréal, tant au niveau du traitement de la nouvelle que des articles d’opinion. Il est convaincu que l’effet cumulatif contribue à créer un climat de méfiance.

« J’ai fait une recherche. […] Sur 49 histoires qui concernaient l’islam, qui concernaient des musulmans, 42 étaient illustrées par des femmes soit en voile, soit en voile intégral. Ce discours finit par dire que les musulmans sont vraiment autre chose, qu’ils sont un danger, qu’ils menacent notre projet collectif. Et surtout, l’effet cumulatif était qu’on pouvait les mépriser », explique Rachad Antonius.

Le rédacteur en chef de Journal de Montréal, Dany Doucet, nous a répondu par courriel. « Les débats d’idées et la liberté d’expression sont le fondement de notre démocratie. […] Par ailleurs, la montée de l’intégrisme religieux a occupé une place importante dans l’actualité internationale depuis 10 ans […] Et que dire de la Commission Bouchard-Taylor et la charte des valeurs. »

Il y a les chroniques du Journal… et les débats qu’elles suscitent. Avant même l’attentat à la mosquée de Sainte-Foy, le maire de Québec se vidait le coeur concernant les commentaires que l’on retrouve au bas de certains articles des médias de Québecor.

« Comment voulez-vous qu’on éduque nos enfants, alors qu’une institution comme Québecor laisse des saloperies sur son site? Moi, ça me dépasse », disait Régis Labeaume, en octobre dernier en marge de la Conférence sur la prévention de la radicalisation des jeunes qui se déroulait à Québec.

Au Journal de Montréal, on nous assure qu’une firme modère les commentaires des lecteurs. On souligne aussi l’importance de la liberté d’expression des lecteurs.

L’attentat de Québec a suscité une réflexion autocritique de l’animateur Sylvain Bouchard, du FM 93, à Québec.

« Ils ne sont pas si nombreux que ça, mais avouez qu’on parle d’eux souvent. On parle de leur foi, on parle de l’islam. On dénonce l’islam radical, mais dans islam radical, il y a le mot islam. Donc, on parle d’eux, mais est-ce qu’on leur parle à eux? Pas assez. »

Le nationalisme identitaire

Le nationalisme québécois a toujours cherché à se marier avec l’air du temps. Dans les années 1930, inspiré par l’historien Lionel Groulx, il flirtait avec l’antisémitisme. Après la Seconde Guerre mondiale, il s’inspirait plutôt du grand mouvement mondial de décolonisation et s’orientait de plus en plus à gauche du spectre politique, épousant les idéaux de la social-démocratie et du syndicalisme.

L’air du temps a changé. Dans le climat d’inquiétude face au danger islamiste – auquel on associe souvent l’immigration musulmane – les mouvements nationalistes, en Europe notamment, se redéfinissent de plus en plus à travers la défense d’une identité occidentale qui cherche à se démarquer face à un islam politique et aussi en réclamant des mesures strictes contre l’immigration. Le nationalisme québécois n’échappe pas complètement à ce courant qualifié d’« identitaire  ».

Mathieu Bock-Côté, par exemple, un intellectuel dont l’influence a grandi ces dernières années, voit dans les niveaux d’immigration élevés et dans la politique canadienne du multiculturalisme des menaces pour la nation québécoise.

« Le Canada finira par nous tuer en nous noyant », écrit-il dans le Journal de Montréal, le 27 octobre 2016. Le multiculturalisme, selon lui, fait la part belle à l’islamisme et à des pratiques qui, tel le port du burkini, sont des « symboles qui témoignent […] certainement d’une difficile intégration à la civilisation occidentale et à la société québécoise. »

Pour Mathieu Bock-Côté, ses écrits – et ceux de ses collègues – ne sont pas problématiques. « Je n’ai pas l’impression que le Journal de Montréal participe à la construction d’une forme de fantasme musulman négatif, imaginaire », se défend-il.

L’identité et la politique

L’enjeu « identitaire » est de fait devenu de plus en plus important au sein des partis nationalistes. Et c’est l’enjeu musulman qui cristallise généralement les positions.

Ainsi, on a vu la Coalition avenir Québec attaquer le Parti libéral du Québec et le Parti québécois en les accusant d’être « en faveur du tchador pour les enseignantes dans nos écoles ».

Le Bloc québécois a produit une publicité dans laquelle une goutte de pétrole renversée d’un baril dessine la silhouette d’une femme en niqab.

La course à la direction du Parti québécois a aussi donné lieu à plusieurs incidents sur le même thème. Le candidat Jean-François Lisée a critiqué son adversaire Alexandre Cloutier pour avoir souhaité une bonne fin de ramadan aux musulmans du Québec, avant de signaler que le que le controversé prédicateur Adil Charkaoui l’appuyait!

Un cadre du Front national, Loup Viallet, ne cachait pas son flirt avec les souverainistes du Québec lorsque nous l’avons rencontré à Paris.

« Peut-être qu’aujourd’hui Jean-François Lisée parle différemment, mais il se trouve que sa base, avec laquelle je suis en contact permanent, nous reconnaît comme des interlocuteurs valables et crédibles », nous a-t-il expliqué.

Parmi ceux qui répondent positivement à ce flirt, on retrouve les membres d’un petit club politique, Horizon Québec Actuel, fondé par des membres du Parti québécois que nous avons croisés lors d’un événement organisé par le Front national, à Paris.

« On est là pour réveiller, brasser un peu le mouvement souverainiste au niveau des idées », nous a expliqué Alexandre Cormier-Denis, un des fondateurs d’Horizon Québec Actuel.

Horizon Québec Actuel, affilié au Front national, diffuse des messages qui en sont directement inspirés, notamment en milieu scolaire au Québec.

Interrogé sur les affinités supposées de certains membres du Parti québécois avec le Front national en France, M. Lisée a tenu à tracer clairement une ligne de démarcation entre son parti et celui de Marine Le Pen.

« Il faut dénoncer des individus qui sont membres du Parti québécois et qui la rencontrent [Marine Le Pen]. Puis, il faut la dénoncer d’autant plus que ce qu’elle propose, par exemple, c’est cette idée de préférence nationale où un citoyen serait privilégié dans le logement ou l’emploi contre un immigrant reçu [légalement]. Et ça, c’est complètement scandaleux. »

« Si vous êtes des partisans de Marine Le Pen, vous n’avez pas votre place au Parti québécois », tranche-t-il.

Alexandre Cormier-Denis semble avoir tiré la même conclusion : il se présente sous une autre bannière, celle du Parti indépendantiste, dans l’élection partielle qui aura lieu dans Gouin, l’ancien fief de Françoise David.

L’historien Gérard Bouchard, coprésident de la commission Bouchard-Taylor, reproche de son côté au gouvernement libéral de Philippe Couillard son inaction, qui, selon lui, a fait pourrir le climat des relations entre les minorités musulmanes et la majorité.

« Ça fait quand même presque 10 ans qu’on a eu la crise des accommodements. Et si on fait la somme des mesures qui ont été prises par le gouvernement pour résoudre les problèmes, on arrive à pas grand-chose. »

Les Québécois, croit-il, devraient s’en « alarmer ».

L’émission Enquête présente un reportage sur ce sujet à 21 h (HE) sur ICI Radio-Canada Télé.

Source: http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/special/2017/03/extreme-droite/quebec-islamophobie-musulmans-mosquee-attentat.html

L’Europe et la montée de l’extrême-droite

L’Occident est traversé par une peur alimentée par le terrorisme. Une peur qui nourrit la haine raciale et la stigmatisation des musulmans. Enquête sur un mouvement en pleine expansion. Deuxième arrêt : l’Europe.

 

9 novembre 2016. Dans la petite localité française de la Champagne où nous nous trouvons, c’est l’allégresse. Devant une assemblée de partisans, le numéro deux du Front national (FN) annonce l’élection de Donald Trump.

« On s’est réveillés avec une excellente nouvelle, l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis! », lance Florian Philippot, sous un tonnerre d’applaudissements.

Après la victoire du Brexit au Royaume-Uni, quatre mois plus tôt, l’élection du nouveau président des États-Unis a renforcé le sentiment de tous les populistes en Europe : ils ont le vent dans les voiles…

Déjà, la crise des migrants de l’été 2015 avait fait monter la popularité de ces partis qui se veulent un cran d’arrêt à l’immigration musulmane. Pour Marine Le Pen, présidente et candidate à la présidence française du Front national, la crise des migrants est un argument de plus pour amorcer à son tour la sortie de la France de l’Union européenne.

« L’idée qu’il fallait supprimer toutes les frontières intérieures et que l’Union européenne allait protéger les frontières extérieures a démontré clairement que c’était un projet totalement fou, qui permet à un pays, en l’occurrence l’Allemagne, de dire : « Ben, voilà, nous accueillons 1 million de personnes ». Sauf qu’après, ce 1 million de personnes, ils vont s’installer dans n’importe quel pays de l’Union européenne. »

Chaque été, des centaines de milliers de migrants trouvent leur chemin, par terre ou par mer, et pénètrent illégalement sur le territoire européen. Chaque année, des milliers périssent pendant le voyage. Le caractère inédit de l’afflux de 2015, c’est le gonflement spectaculaire de cette marée humaine par les réfugiés de la guerre civile en Syrie.

L’urgence de la crise de cet été 2015 a poussé la chancelière allemande Angela Merkel à ouvrir les portes de son pays avec cette phrase désormais célèbre : « Pour moi, il va de soi que devant une telle mission on se dise : « nous y arriverons » ».

Mais toute l’Europe n’a pas applaudi, loin de là. L’ouverture allemande a créé un appel d’air qui avait sans doute été sous-estimé par Mme Merkel elle-même : un million de migrants sont entrés dans son pays durant la seule année 2015, sur une population de 82 millions d’habitants.

Des migrants syriens tentent de franchir la clôture mise en place entre la Serbie et la Hongrie. Photo : Reuters/Bernadett Szabo

Le président hongrois, Viktor Orban, a été une porte-voix virulent de l’opposition aux migrants. Lui qui avait tenté, sans succès, de freiner le mouvement migratoire par la construction d’une clôture entre son pays et la Serbie, s’est fait le défenseur d’une Europe chrétienne menacée.

« On n’a pas le droit de dire que la migration de masse arrivant d’autres civilisations menace notre mode de vie, notre culture, nos coutumes et nos traditions chrétiennes », a-t-il déclaré.

Même si une grande partie des Allemands ont soutenu l’ouverture – jusqu’à 44 % de ses citoyens ont aidé les migrants que ce soit par des dons, du bénévolat ou autrement -, le pays était déjà lui aussi traversé par un fort courant de rejet de l’immigration musulmane avant même l’afflux de 2015.

Manifestation du groupe PEGIDA à Dresde, en Allemagne, en 2015 Photo : Reuters/Fabrizio Bensch

Le mouvement PEGIDA – Patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident – avait rallié l’année précédente des dizaines de milliers de manifestants dans plusieurs villes du pays, en particulier dans les villes de l’ancienne Allemagne de l’Est comme Dresde ou Leipzig, là où, paradoxalement, on trouve peu d’immigrés.

C’est dans ces mêmes régions de ce pays qu’un nouveau parti anti-immigration, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), est en pleine ascension.

Au cours d’élections régionales, en septembre 2016, l’AfD a terminé deuxième dans deux landers, devançant le CDU de la chancelière Merkel.

Pour sa leader, Frauke Petry, « les principaux courants de l’islam ne sont pas compatibles avec la culture allemande ». Elle a semé l’émoi pendant la crise des migrants en suggérant que les gardes-frontières puissent faire usage de leurs armes.

La crainte du remplacement de la population européenne par une population un jour à majorité musulmane est bien présente dans les esprits. « Regardez les jeunes en Allemagne aujourd’hui. Combien d’entre eux sont issus de l’immigration? On parle peut-être aujourd’hui de minorités. Mais est-ce que ce sera encore le cas dans 20 ou 30 ans? », se demande Mme Petry lors d’une entrevue avec notre équipe à Dresde, en Allemagne.

Le soir de l’attentat du Marché de Noël de Berlin, le 19 décembre dernier, le mari de Frauke Petry et député européen de l’AfD, Marcus Pretzell, a écrit sur Twitter que les victimes étaient « les morts de Merkel ».

À n’en pas douter, cet attentat, perpétré par un migrant illégal tunisien sous le coup d’un ordre d’expulsion, est un coup dur pour la politique de Merkel qui, avant même cet événement, avait perdu beaucoup d’appuis au fil des mois. L’Allemagne sera en période d’élections générales en septembre prochain. Angela Merkel briguera alors un quatrième mandat et le verdict des Allemands sera forcément un verdict sur sa politique migratoire.

Le test français

D’ici là, la mesure du ressentiment européen face à l’immigration sera prise en mai 2017 lors de la présidentielle française. La plupart des observateurs croient aux chances de Marine Le Pen de passer au second tour de l’élection.

Depuis quelques années, son parti, le Front national, va de succès en succès lors des élections régionales et municipales. Un exemple de la montée de cette force politique identitaire est celle de l’élection de Robert Ménard à la mairie de Béziers, une ville du Languedoc.

Celui-ci, qui n’est pas formellement membre du Front national, a été élu sous sa bannière en 2014. Il y mène depuis une politique qu’il qualifie lui-même, non sans fierté, de « populiste » et veut revigorer le caractère chrétien de cette ville qui compte environ 10 % de musulmans.

Lors de l’ouverture de la féria de Béziers, il fait dire la grand-messe en plein air, devant des milliers de personnes. Il s’oppose aussi à l’érection de minarets dans le but, dit-il, de préserver le paysage français construit autour des clochers d’églises.

Nous le rencontrons au marché des Halles, qu’il a récemment fait rénover. Vérification faite, on ne trouve pas de viande halal ici et il veillera à ce qu’on n’en trouve pas par la suite.

« Ça suffit le halal! Ici, ça n’a pas sa place. Je n’ai pas envie de femmes voilées dans les halles. Je n’ai pas envie de cuisine halal. J’ai envie de redire qu’on est ici chez nous. »

Robert Ménard, qui a été journaliste et fondateur de Reporters sans frontières, a transformé le magazine officiel de sa municipalité en pamphlet-choc sur les questions liées à l’immigration avec des articles aux titres aussi évocateurs que « À Béziers, on ne sert pas la soupe aux islamistes! ».

On y retrouve aussi l’écho de sa campagne publicitaire placardée dans toute la ville sous les thème « Ils arrivent! » Cette campagne visait à s’opposer à l’implantation par l’État français dans Béziers d’un centre d’hébergement pour migrants, devant accueillir 40 d’entre eux.

Magazine officiel de Béziers Photo : Pascal Guyot/AFP/Getty Images

« Parce que c’est 40 migrants de plus. C’est 40 migrants de trop. Pardon, mais dans une ville où y a une telle population d’origine immigrée, où y a déjà deux centres d’accueil pour les demandeurs d’asile. Oui, il y a trop d’immigration dans les villes, il y a des seuils de tolérance », nous explique Robert Ménard, maire de cette ville de 75 000 habitants.

Population musulmane

  • France : 7,5 %
  • Allemagne : 5,5 %
  • Canada : 3,7 %
  • Québec : 3,5 %
  • États-Unis : 1 %

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Le parti de Marine Le Pen appuie aussi, au niveau national, une campagne pour soutenir les villes qui refusent l’établissement de centres de migrants sur leur territoire.

On s’interroge parfois en France pour savoir jusqu’à quel point le Front national a changé depuis qu’il était dirigé par le père de Marine Le Pen, Jean-Marie, dont les propos controversés, aussi bien envers les juifs que les Arabes, ont souvent horrifié l’opinion. Il y a deux ans, lorsqu’il a réitéré ses propos voulant que les chambres à gaz nazies n’aient été qu’un « détail de l’histoire », sa fille l’a banni du parti qu’il avait fondé.

Avec elle, c’est clair, un membre du FN qui tiendrait des propos antisémites « serait exclu du Front national. De la manière la plus claire qui soit. »

Questionnée par Enquête à savoir si elle appliquait la même rigueur contre des propos islamophobes, elle répond : « Je ne sais pas ce que c’est, l’islamophobie. Je note que cette islamophobie est un concept qui a été utilisé pour empêcher les gens comme moi de lutter contre le fondamentalisme islamiste. »

À n’en pas douter, la négation de l’islamophobie est un thème que l’on n’a pas fini de débattre, en France comme au Québec…

Qu’est-ce que l’islamophobie?

Selon la définition la plus récente du Petit Robert, l’islamophobie est une « hostilité contre l’islam et les musulmans ». Le Multidictionnaire, lui, définit l’islamophobie comme un « racisme qui se manifeste par une haine, des préjugés et une discrimination délibérés à l’endroit de l’islam, des membres de la communauté musulmane, pratiquants ou non, ou des objets et lieux de culte islamique ».

Source: http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/special/2017/03/extreme-droite/europe-islamophobie-musulmans-migrants.html