Assemblée constituante indépendantiste ? – Impossible qu’elle soit démocratique sans grève sociale

Un texte important d’un militant indépendantiste qui rejoint des préoccupations sociales et politiques issues de la rue. Je le partage parce que les préoccupations dont il fait mention sont encore peu discutées dans le mouvement populaire alors qu’elles sont pourtant capitales du point de vue du peuple. – M.L.
À bas le capitalisme ! Vive le Québec libre !
«Appuyée par la circonscription de Gouin, celle de la porte-parole députée, la circonscription d’Hochelaga-Maisonneuve propose que l’Assemblée constituante ait « pour mandat d’élaborer une ou des propositions sur le statut politique du Québec, sur un projet de constitution d’un Québec indépendant… »1 Pour Québec solidaire, l’Assemblée constituante est plus qu’une revendication démocratique même majeure. Elle est l’axe stratégique à mettre en branle dès l’avènement d’un gouvernement Solidaire, avec ou sans alliés partidaires, afin d’unir l’ensemble de la nation derrière une constitution, à être ratifiée par référendum, pour réaliser son programme. Le hic est que cette stratégie, pour être démocratique, ne peut présumer que la future constitution québécoise sera nécessairement indépendantiste sauf à dire que le parti y défendra l’option indépendantiste.
Cette stratégie recèle les tares jumelles et mortelles de l’angélisme vis-à-vis les forces fédéralistes et de la démobilisation pour ses protagonistes indépendantistes.
Un peu d’histoire révèle la panoplie de moyens pas très catholiques auxquels les fédéralistes, c’est-à-dire la presque totalité du camp bourgeois canado-québécois, appuyés par l’impérialisme étasunien n’en déplaise aux nombreux amis « souverainistes » de Washington, sont prêts à mettre en œuvre. Ils vont du love-in et du coup de la Brink’s tout argent déployé à l’occupation par l’armée en passant par les menaces de scission des municipalités anglophones et par la loi de la dite clarté. Ces messieurs et quelques dames n’en ont rien à foutre de la démocratie à moins d’être assurés de gagner la joute. On verra que le sourire enjolivant de Trudeau junior cache les dents acérées d’un Quebec bashing prêt plus que jamais à déchirer sa proie.
Pour arriver à bon port sur une telle mer en furie, la perspective d’une incertaine constituante entre gens bien élevés ne saurait maintenir à flot le navire de l’indépendance. D’autant plus que la jeunesse l’abandonne, le privant d’un équipage détenant l’énergie suffisante pour affronter la tempête. Faute d’un souffle libérateur qui s’étiole dans le péquiste marécage néolibéral quand il n’est pas arrêté net par un identarisme à prédominance islamophobe relent de celui à dominante antisémite de l’époque de la Grande Noirceur, cette jeunesse cherche sous d’autres cieux, pas toujours libérateurs tant s’en faut, la régénération d’une civilisation en perdition. À moins qu’elle ne se laisse piéger par l’illusion entrepreneuriale ressuscitant un nouveau Québec Inc. de PME dépendant du bon vouloir de la finance fédéraliste et de la sous-traitance transnationale.
Proposer à cette jeunesse le même repas constitutionnel en lui ajoutant une dose piquante d’indépendantisme ne mue pas ce menu puisé dans le grand livre des recettes institutionnelles en nouvelle cuisine libératrice de la rue. Au contraire, ce repas trop pimenté en devient indigeste de reniement démocratique par son exclusion de cet Autre qui n’a plus droit au chapitre. Cette nouvelle cuisine requiert un nouveau menu puisé dans le Grand livre de la grève sociale dans lequel l’émancipation sociale revivifie cette libération nationale que l’hégémonie péquiste sur le mouvement national n’a cessé d’atrophier et qu’elle est à la veille d’assassiner sous la houlette du champion de l’anti-syndicalisme et du bon-ententisme avec Bay Street. S’accoquiner avec ce zombie au lieu de le planter et de le supplanter, tentation d’origine médiatique qui ne cesse de titiller la direction Solidaire, revient à s’enfermer avec lui dans le même cercueil destinée à la cave du musée de l’histoire. Ceci dit, rien n’empêche de précis accords ponctuels même avec la CAQ.
L’actuelle colère prolétarienne et populaire contre l’austérité et contre les hydrocarbures, sauf accident de parcours consenti par la bureaucratie syndicale d’entente pourrie ou de loi spéciale non défiée, aboutira à une grève générale de plus d’un demi-million de syndiquées du secteur public prévue pour trois jours au début décembre. Voilà le tremplin par excellence d’une grève sociale capable de renverser ce gouvernement de l’ultra-austérité pétrolière voulant provincialiser le Québec au niveau de la norme ALÉNA. Le Conseil national Solidaire se réunira à la veille de cette grève et au même moment des marches mondiales pour le climat. Occasion en or d’appeler à la grève sociale faite de blocage, d’occupation et d’autogestion territoriale, terre fertile menant à l’indépendance expropriant les banques et réalisant le plein emploi écologique, base de toute assemblée constituante à la fois démocratique et indépendantiste.»
Marc Bonhomme, 13 novembre 2015
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